Peut-on laisser son camping-car devant chez soi tout l’hiver ?
Dans la rue, non : au-delà de sept jours au même endroit, le stationnement devient abusif et le véhicule peut partir en fourrière. Dans votre propre jardin, c’est possible, mais avec des limites fixées par le Code de l’urbanisme et le plan local d’urbanisme.
Quartiers d’hiver › Articles, mis à jour le 12 octobre 2026
Beaucoup de camping-caristes cherchent d’abord à garder le véhicule chez eux. C’est gratuit et pratique, mais ce n’est pas toujours permis, et un véhicule de sept mètres en plein air pendant six mois s’abîme plus vite qu’à l’abri.
Dans la rue : la règle des sept jours
L’article R417-12 du Code de la route considère comme abusif le stationnement ininterrompu d’un véhicule au même endroit de la voie publique pendant plus de sept jours, ou moins si un arrêté municipal fixe une durée plus courte. Un camping-car est traité comme une voiture : il peut stationner là où une voiture le peut, mais pas y rester des mois. Passé le délai, il peut être verbalisé puis mis en fourrière. Certaines communes limitent aussi le stationnement des camping-cars par arrêté : renseignez-vous en mairie.
Dans votre jardin ou sur votre terrain
Le Code de l’urbanisme distingue deux situations :
- Entreposer son camping-car ou sa caravane, en attendant de repartir, sur le terrain où se trouve sa résidence ou dans un bâtiment : c’est en principe admis sans formalité (article R111-50).
- Installer une caravane ou un camping-car pour y loger, plus de trois mois par an, hors camping : une déclaration préalable en mairie est demandée (article R421-23). Une réponse ministérielle publiée à l’Assemblée nationale l’applique aussi aux camping-cars.
Dans les deux cas, le plan local d’urbanisme (PLU) de votre commune peut ajouter des règles, notamment en zone protégée. La mairie est la seule à pouvoir vous répondre avec certitude pour votre adresse. Les règles de votre copropriété ou de votre lotissement peuvent aussi interdire le stationnement d’un véhicule de loisirs.
Et dans un garage collectif ou un parking privé ?
Un parking privé ou un garage collectif a son propre règlement : hauteur maximale, véhicules autorisés, durée. Un camping-car de près de trois mètres de haut dépasse la plupart des barres de hauteur des parkings couverts. Vérifiez aussi que l’assurance du parking et la vôtre couvrent un véhicule de loisirs stationné tout l’hiver.
Et sur le terrain de quelqu’un d’autre ?
C’est le principe de l’hivernage chez un hôte. Le véhicule y est entreposé, personne n’y loge, et le propriétaire du bâtiment l’accepte par un contrat. Dans une grange ou un hangar existants, rien ne change pour le bâtiment : pas de travaux, pas d’aménagement.
Les questions à poser à la mairie
- Un arrêté limite-t-il la durée de stationnement dans ma rue, ou le stationnement des camping-cars ?
- Mon terrain est-il dans une zone du PLU qui interdit le stationnement de caravanes ou de camping-cars ?
- Faut-il une déclaration si le véhicule reste plus de trois mois sur mon terrain sans que personne n’y loge ?
Demandez la réponse par écrit, par email : elle vous servira en cas de litige avec un voisin.
Garder chez soi ou confier : ce qui change pour le véhicule
En plein air, un camping-car subit la pluie, le gel, les UV et les feuilles qui bouchent les gouttières. Les joints de toit vieillissent plus vite, l’humidité entre dans la cellule. Sous un hangar ou dans une grange, ces risques baissent nettement. C’est ce qui justifie le prix d’une place couverte : environ 280 € la saison sous un hangar ouvert et 385 € dans un bâtiment fermé pour un véhicule de 7 m chez un hôte de Quartiers d’hiver, selon nos repères indicatifs, contre 550 € en moyenne chez un professionnel.
Les écarts de prix sont détaillés dans notre guide prix de l’hivernage d’un camping-car. Si vous gardez le véhicule chez vous, la liste de préparation pour l’hivernage s’applique tout autant.
- Rue : sept jours maximum au même endroit, parfois moins selon la commune.
- Chez vous : entreposer est en principe admis, s’installer pour y loger plus de trois mois demande une déclaration.
- Le PLU et le règlement de copropriété peuvent ajouter des interdictions : demandez à la mairie.
Questions fréquentes
Mon voisin peut-il se plaindre de mon camping-car garé dans mon jardin ?
Il peut saisir la mairie si le stationnement contrevient au plan local d’urbanisme ou au règlement du lotissement. Hors de ces règles, l’entreposage sur votre propre terrain est en principe admis.
Un parking public gratuit compte-t-il comme la rue ?
En général oui : la règle des sept jours de l’article R417-12 s’applique à la voie publique et à ses dépendances. Les parkings privés ou payants ont leur propre règlement.
Faut-il prévenir la mairie si je confie mon camping-car à un hôte ?
Non, ce n’est pas à vous de le faire. Le véhicule est entreposé dans un bâtiment existant, sans y loger.
Sources : Légifrance, article R417-12 du Code de la route ; Légifrance, article R421-23 du Code de l’urbanisme ; Légifrance, article R111-50 du Code de l’urbanisme ; Assemblée nationale, réponse ministérielle sur le stationnement des camping-cars.